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Compte-rendu sortie Lignon du Forez - 18 décembre 2011
Écrit par Alessandra   
Mardi, 20 Décembre 2011 17:49

En guise d’avertissement, le compte-rendu qui suit ne peut être pleinement compris que par les lecteurs ayant un véritable sens du tragique.

Tout commence un samedi midi quand, à la lumière plus que tamisée de la piscine de Villeurbanne, un groupe de preux, qui ne se résigne pas à la tyrannie de l’hiver, décide d’en défier la rigueur et conspire pour qu’une sortie sur le Lignon du Forez soit organisée dans le secret le plus strict.

Aux trois vaillants kayakistes à l’origine de cette initiative titanesque se joignent un jeune talentueux et un vieux loup, sage et expérimenté, dont les réticences, oh combien justifiées, sont enfin vaincues par la grandeur même du projet.

Les cinq héros se retrouvent donc le lendemain à 8h30 tapantes sur le parking du CKTSV. La ponctualité tout à fait inhabituelle du groupe n’est qu’un premier signe du destin exceptionnel de cette sortie.

La route est vite prise, sans encombrement le plein est fait, les pneus gonflés, le café bu. Tout le monde fait mine de ne pas remarquer que le thermomètre de la voiture affiche des chiffres singeant la courbe de la croissance française actuelle. On bavarde des sorties glorieuses des saisons passées, on se raconte ses exploits (enfin,  pour ceux qui peuvent s'en vanter), on évoque des connaissances communes.

Mais lorsque, autour de Saint Etienne, une tempête de neige s’abat sur le convoi, la voix du sage retentit comme un oracle : ‘Ah p…, je le savais, je le savais, non, mais il faut être givrés pour sortir par un temps pareil, moi j’embarque pas si c’est comme ça’.

Mais le destin les pousse désormais jusqu’au but, leur sort est scellé. ‘Non, mais tu verras, dans la gorge il fait beaucoup plus chaud, il y a l’influence du Gulf Stream, tu sais, le microclimat forézien, c’est connu’.

Une petite halte pour se réapprovisionner en potion magique qui leur sera nécessaire pour le combat (baguette, viennoiseries et assortiment salé, que la neige saupoudre délicatement dès la sortie de la boulangerie), avant que la route ne monte vers des sommets inexorablement blancs. Les panneaux routiers associent le nom du village où est prévu l’embarquement au pictogramme d’une station de ski. Au fur et à mesure qu’on avance, la chose apparaît de moins en moins curieuse. On commence à se poser des sérieuses questions sur l’opportunité d’avoir des kayaks sur les toits (‘tu penses qu’on pourra faire du kayak-ski ?’) et on sent que, dans le regard des locaux, incompréhension et ébahissement se mêlent.

A la bifurcation pour descendre à l’embarquement, un chasse-neige remonte péniblement la route, enneigée. Il est décidé de se grouper dans une voiture (‘comme ça, si ça glisse, on sera cinq à pousser’ : tu parles, 4 kilomètres !).

Un paysage de conte de fée attendrit les cœurs, le débat s’anime autour du gibier que les chasseurs croisés sur la route peuvent bien venir chercher ici (sanglier ? cerf ? ours polaire !).

Le moment de vérité attend sournois au fond de la gorge : un joli pont enjambe le Lignon du Forez, que l’on peut enfin admirer dans toute sa splendeur. De la température, qu’on suppose sibérienne, de ses eaux limpides et sonores, on s’en fout : ça nous réveillera; de ces 20 centimètres de neige qui recouvrent poétiquement les berges, on s’en fout : ça nous fera un embarquement à l’américaine spectaculaire. Mais, et voilà le dénouement tragique de notre histoire, d’une seule chose il ne leur est pas donné de s’en foutre: il n’y a pas d’eau !

Lecteur, si tu penses savoir ce que c’est qu’une déception, une amère déception, pense au cœur qu’eurent ces cinq braves qui, poussés par une pulsion irrépressible, après avoir défié les forces de la nature, et surtout l’irrésistible envie de rester sous leurs couettes ce dimanche matin, se retrouvèrent comme des cons, au milieu de nulle part, les pieds dans la neige, une pagaie à la main, devant une rivière sans eau. Comme des amants éconduits, ils essayèrent de noyer leur frustration dans l’indémodable bouteille de bière, que l’un d’entre eux avait fort sagement pensé à prendre avec lui, pour toute éventualité. Maigre consolation, il ne fut pas très compliqué de la rafraîchir.

Tristes et découragés, ils tombèrent de surcroît (quand le sort s’acharne) sur le café qui, à Boën, fait office de fun club de l’ASSE. Le silence de la défaite était lourd sur la route du retour, mais il était déjà brisé par les projets de nouveaux défis, sous des cieux possiblement plus cléments. La prochaine fois, ce sera le Jura!

 
Compte-rendu sortie Cévennes du 29 octobre au 1er novembre 2011
Écrit par Clément   
Lundi, 07 Novembre 2011 14:53

Participants
  • Lionel
  • Marc
  • Aurélie
  • Denis
  • Nadia
  • Clément
  • Eddy
  • Annabelle
  • Alessandra
  • Nicolas G.
  • Nicolas Ri.
  • Laurent
  • Julien

Samedi 29 octobre 2011

Rendez-vous au club à 8h30. Au CKTSV, les problèmes de réveil n'ont pas droit de cité - à 9h30 nous étions sur la route. Quatre heures de voyage, avec comme fil rouge la recherche de l'eau - coups de fil, analyse des topos, théories et conjonctures plus ou moins fallacieuses, tous les moyens sont bons. Le Tarn, la Tarnon, la Mimente - il manque toujours quelques centimètres à l'échelle. Nous apprenons par la même occasion que le camping dans lequel nous avons réservé les bungalows pour trois nuits fermera le 31 octobre. Suspense pour la dernière nuit, donc.
Le choix se porte sur le Gardon de St Jean, où quelques m3/s sont au rendez-vous - pas beaucoup plus que le minimum.
Deux autochtones s'arrêtent à notre niveau. Ils sont kayakistes. Ils sont beaux. Ils sont jeunes. Ils tentent de nous appâter avec le parcours dit du Canyon de Soucy. "Il y a quatre rapides c'est l'affaire d'une demie-heure, tout passe sans problème." 

Une petite moitié de notre groupe se laisse embobiner. Ils embarquent.
Premier rapide - ils portent.
Deuxième rapide - ils portent (à l'exception des autochtones qui font preuve d'une grâce de danseuse étoile dans leur trajectoire).
Troisième rapide - ils passent. Alléluia.
Quatrième rapide - ils passent, c'est du classe III+ (le "+" étant là pour éviter tout procès en diffamation). Amen.
Bilan : la demie-heure annoncée a pris ses aises, une rumeur insistante se répand dans les rangs des navette boys'n'girls - "il est trop tard, on va pas embarquer, le soleil se couche tôt en cette saison ma petite dame". Que nenni. On se change, on se recoiffe, on enfile les casques et tout le groupe s'engage dans les 9 km qui suivent - le Haut Gardon de Saint-Jean. Du plat ponctué de rapides allant de "très sains" à "très scabreux". Des coups de pagaie nets et précis ; des appels médiocres ; des appuis instables et précipités ; des esquimautages ; des bains et des castors. The Full Monty.

On débarque. Cinq minutes plus tard, la nuit tombe. Dix minutes plus tard, on n'y voit plus rien. Rien d'étonnant à tout cela, le CKTSV est tombé dans une marmite de quartz liquide quand il était petit. On a tout de même du mal à faire taire la seconde rumeur qui parcourt les rangs :
-- On l'avait bien dit que le soleil se couchait tôt en cette saison il était moins une je vous le dis...
-- Viens plutôt charger les bateaux sur la remorque.
-- ... n'empêche que si on n'avait eu plus de bains je sais pas comment qu'on aurait fait hein parce que c'est dangereux de finir...
-- Tiens-moi cet élastique et tire fort dessus.
-- ... dans la nuit heureusement que Nicolas il avait sa frontale parce qu'autrement je sais pas si je l'aurais fait...
-- Tire plus fort.
-- ... et imagine si quelqu'un avait cassé sa pagaie surtout qu'on n'avait même pas pris la pagaie de secours alors que justement elle est faite pour ça la pagaie de secours...
-- File-moi cet E-LAS-TI-QUE.
-- ... de toute façon on est parti trop tard ce matin MPFFFFFF MPFFF MPFFFFFFFFFFFF !?!!
-- VOILA, C'EST COMME CA QU'ON SERT UN ELASTIQUE ! CAPICCE ?

On se change, on se recoiffe - qu'est-ce que ça peut décoiffer le kayak -, on enfile nos tenues de soirée. Direction la Fête de la Soupe à Florac où nous espérons dénicher un petit bol de liquide végétal en guise d'apéro. Mais les stocks sont épuisés, et les troupes affamées. Annabelle rackette un bol à une petite vieille, qui résiste et lui refourgue un verre en plastique à la place - Annabelle est contente quand même -, Eddy trouve un bol par terre. Ils les lavent en amoureux dans une fontaine. Tout cela nous tirerait presque des larmes si nous n'avions pas l'esprit focalisé sur la garbure de Marc qui nous attend au camping. Eddy finit par se faire servir la seule soupe disponible à cette heure - il s'avère qu'il s'agit de l'eau chaude qui a servi à rincer la marmite, heureusement que les hippies n'utilisent pas de produit-vaisselle-plein-de-produits-chimiques-et-de-conservateurs.

Bungalow. Garbure. Miam miam. Joie. Plénitude. Dodo.

Dimanche 30 octobre 2011

Pas de pluie, pas de miracle, le Tarn est au trente-sixième dessous. Le Dourbie concentre les excitations, la Dourbie alimente les fantasmes.
Ils sont six. Ils partent sous le regard humide de leurs compagnes. Elles agitent leur mouchoir en guise d'au revoir. Elles suivent des yeux la silhouette du trafic-neuf-places-rallongé-avec-sa-remorque jusqu'à ce qu'il disparaisse dans le brouillard matinal.
Très vite, elles oublient leurs hommes partis au front et se tournent vers les quelques hommes - réformés - qui restent au camp. Ces derniers ne le regretteront pas - connectez-vous sur la section adulte du site web pour plus de détails.
Bref, kayak pour les uns, randonnée pour les autres.
Le soir, nous assistons à un véritable battle entre les deux camps. Et chacun de vanter ses prises de risque, ses exploits et ses conquêtes. A l'applaudimètre, les randonneurs mènent largement la danse. Les kayakistes font l'objet de la risée générale à l'évocation de leurs bains-douches et autres bazars-à-bulles. Sans parler des pagaies cassées et de la plaque du caisson perdue (oubliée ?). De vraies gonzesses.
Les spaghetti d'Alessandra font taire les derniers relents haineux des dourbiistes - il était temps.
Buona notte.

Lundi 31 octobre 2011

[Nous remercions ici le Seigneur d'avoir mis 31 jours au mois d'octobre, sans quoi notre séjour n'aurait duré que trois jours]
Petit-déjeuner, ménage, recherche de gîte pour le soir, analyse des niveaux d'eau sur internet. Direction la vallée de l'Hérault.
Hésitations entre la Vis et l'Hérault.
Les infos glanées à propos de la Vis auprès d'un Docteur ès Vis qui souhaite garder l'anonymat la disqualifient - pas assez d'eau. Ce qui s’avérera faux par la suite, mais ainsi va la vie.  (NDLR : songer tout de même à châtier l'apprenti Deep Throat - pour l'exemple).
Hautes eaux pour l'Hérault, nous décidons de faire la partie "touristique" : Aval de Ganges (Le Mazet) => Pont de la D1.
Nous profitons de l'embarquement pour faire agréablement connaissance avec les habitants - fraternité et amour de son prochain.
Nous avions espéré une navigation "volume", des trains de vagues monstrueux et des rouleaux tumultueux. Nous avons rencontré un navigation de classe I à II, quelques vagues et un cadre idyllique pour nous consoler. Un petit air de marathon de l'Ardèche. La rumeur - encore elle - veut que le parcours fasse 25 km. Oh my god.
Après enquête, je suis en mesure d'affirmer que n'avons pas fait plus d'une quinzaine de kilomètres. Seul Nicolas G., habitué aux parcours de plus de quarante kilomètres de par sa pratique du kayak de mer, regrette la brièveté de cette descente et la faiblesse de notre VO2max.
Nuit en gîte. D'une accessibilité exemplaire pour un trafic-neuf-places-rallongé-avec-sa-remorque via la D122. Neuf garçons, quatre filles, treize saucisses à la châtaigne, une purée DIY, une douche, un lavabo, treize lits simples. Assez peu de combinaisons, somme toute.

Mardi 1er novembre 2011
[Nous remercions ici le Seigneur d'avoir créé les Saints, sans quoi il n'y aurait pas de Toussaint, sans quoi notre séjour n'aurait duré que deux jours, car qui aurait posé son lundi si le mardi n'était pas férié ? Je vous le demande.]
All-Saints.jpg
Pluie, brouillard et Gorge de Saint Guilhem Le Désert.
Le niveau d'eau tourne autour de 30 m3/s, soit le maximum conseillé sur eauxvives.org (valeur qui ne fait pas l'unanimité sur le forum).
La principale difficulté du parcours se nomme Fer à Cheval - seuls quelques-uns le passent, les autres portent. Le reste de la rivière est magnifique et marmiteux. Entre deux parois siphonnantes, il suffit de rester au centre pour éviter les ennuis.
Nous passons sous un rideau d'eau tiède massant. Un petit peu de bonheur.
Arrivée dans un lac sous une pluie battante - ambiance brumeuse et humide, compromis parfait entre kayak et film noir américain des années 70. Le .357 Magnum de Nico est à l'honneur.
Rentrée à Lyon sous le déluge.
Cette nuit-là, le niveau d'eau monte à 450 m3/s sur l'Hérault. Et deux nuits plus tard, 1600 m3/s.
Mise à jour le Lundi, 07 Novembre 2011 14:55
 
Compte-rendu sortie Allier 23 octobre 2011
Écrit par Lionel   
Lundi, 24 Octobre 2011 14:11
Participants :
Lionel
Alessandra
Excusés :
Mickael pour obligation familiales : (on va faire la fête à la maison avec mon BOF' samedi soir mais si jamais je suis en forme, c'est sûr je viendrai à 8H30 dimanche matin)...
Bertrand ...
Après un vote à la majorité, le groupe a décidé de faire la navette collectivement en vélo.
CR de la montée :
alt départ 752m
alt arrivée 878m
Col : 1020m
Distance : 20km
Dés les premiers 100m, les choses se gâtent, bris du cale pied de vélo de Lionel, devant l'impossibilité de réparer, la décision est prise d'amputer la pédale gauche.
Il y a 8 km de montée pour arriver au col, celui-ci est atteint en environ 31minutes 14 secondes.
Arrivée en haut, le vent souffle et pas dans le bon sens, la traversée du plateau sera fatigante.
Traversée d'un troupeau de "Bos taurus", qui nous poursuivent et nous procurent ainsi une certaine motivation pour accélérer.
Quelques glissades plus ou moins contrôlées en descente et nous arrivons au départ où nos kayaks nous ont sagement attendus.
CR de la descente :
RAS, une eau chaude, des couleurs d'automne magnifiques, le bonheur après le vélo.
Note : Afin d'éviter tout appel inutile des forces de maintien de l'ordre et de la discipline par quelques personnes ayant le sens du devoir de délation bien fait, je vous déconseille de vous arrêter à Jonchères pendant la période d'interdiction de descente de l'Allier (ie: de mi-octobre à fin mars). Les parisiens qui ont débarqué avec le sourire à Jonchères peuvent vous en parler.
Mise à jour le Lundi, 24 Octobre 2011 14:17
 
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